Alors que l’on aurait tendance à imaginer les grandes villes du Japon comme des mégalopoles surpeuplées (ce qui est certainement vrai pour la capitale actuelle, Tokyo), il faut remarquer que Kyoto est moins densément peuplée que notre capitale française ! Et oui, sur une superficie de 828 km2, il y a environ 1,5 million d’habitants (contre plus de 2 millions d’habitants sur une superficie de 105 km2 pour Paris intra-muros, soit une densité de population plus de dix fois supérieure). 

Kyoto est une ville à taille humaine où, depuis 2007, une politique d’aménagement paysager complexe régule la hauteur des bâtiments (entre 10m et 31m de haut maximum selon les cas), la couleur des toits et des façades, les matériaux utilisés sur les murs des habitations, l’affichage de publicités voyantes ou lumineuses, l’emplacement des antennes de téléphones et des panneaux solaires, la visibilité des parkings (qui devront être cachés par des portes ou des haies dans certaines zones), et même la protection de  » vues panoramiques  » (dont, par exemple, la vue du Daimonji depuis la rive ouest de la rivière Kamo).

Cette réglementation, en évolution constante, vise à préserver et mettre en valeur le patrimoine historique de la ville, et aussi soutenir les particularités uniques de celle-ci afin d’attirer plus de touristes, mais aussi d’habitants (n’oublions pas le déclin de la population qui met en péril l’économie) qui assureront la vitalité de Kyoto.

Jeunes japonais s'amusant dans la rivière Kamo

Voici les 11 arrondissements (suffixe -ku ajouté au nom dans les adresses) de taille extrêmement variable, qui forment aujourd’hui la ville (eux-mêmes sont divisés en quartiers -chō) :

carte des 11 arrondissements de Kyoto

Les arrondissements centraux, où les fondations de la ville et le palais impérial se trouvaient à l’origine de la ville au VIIIème siècle, sont les arrondissements de Kamigyō-ku, Nakagyō-ku, Shimogyō-ku ainsi que Higashiyama-ku et Minami-ku. Puis au nord de la ville se trouvent Kita-ku, Sakyō-ku et Ukyō-ku. Enfin, à l’ouest se trouve Nishikyō-ku, à l’est Yamashina-ku et au sud Fushimi-ku.

Sous forme de courte liste, voici une sélection des attractions principales par quartier :

Kamigyō :

– le Palais Impérial est son grand parc de plus de 50 ha (je suppose que le Palais Impérial construit par l’empereur Kanmu se trouvait dans Nakagyō qui veut dire  » l’arrondissement central de la capitale « ).
– le quartier textile Nishijin avec notamment le petit musée du shibori et le centre textile Nishijin.
– le sanctuaire Kitano Tenmangu (et son marché artisanal tous les 25 de chaque mois) à visiter spécialement en février pour les pruniers en fleurs ou à l’automne pour les illuminations nocturnes des érables.

Nakagyō-ku :

– le château Nijō et la boutique d’encens Shoyeido où il est maintenant possible de réserver une visite de leur atelier pour connaître les détails de la fabrication de leurs produits.

Shimogyō-ku :

– la gare de Kyoto (chef d’œuvre architectural moderne), le parc Umekoji (surtout pour les enfants) avec le musée ferroviaire.

Minami-ku :

-le temple Tōji, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et construit en même temps que la capitale, et dont la pagode en bois de 5 étages est la plus haute construction en bois du Japon (plus de 50 mètres de jaut).

Higashiyama-ku :

– quartier historique et traditionnel de Gion (siège de deux maisons de Geikos ou hanamachi) avec les rues commerçantes pavées Ninenzaka et Sannenzaka, la maison-musée de Kawai Kanjiro, le temples Kennin-ji et enfin le temple Kodai-ji.

Porte du château Nijô illuminée de nuit

Kita-ku :

– le sanctuaire Kamigamo ainsi que le temple Daitoku-ji (et un complexe de temples secondaires comme le Kōtō-in ou le Zuihō-in) dont l’histoire est étroitement liée à la cérémonie du thé et au personnage de Sen no Rikyū (dont nous avons parlé ici), et les bains publics de Funaoka.

Sakyō-ku :

C’est ici que j’avais choisi d’amener en balade les auditeurs du podcast Tabibito à l’automne dernier, où nous visitions, entre autre, la Villa Impériale de Shugakuin et le temple Enkoji.
Plus au sud, le temple d’argent Ginkaku-ji et sur le chemin de la philosophie, le temple Nanzen-ji. Et enfin, notre cher jardin botanique.

Ukyō-ku :

L’arrondissement où se trouve la célèbre montagne de Arashiyama, les temples Tenryu-ji, Giō-ji et Otagi Nenbutsu-ji.

Jardin sec du temple Enkôji

Nishikyō-ku :

Plus éloigné du centre, le temple des mousses Saiho-ji ou Kokedera ainsi que la villa Impériale Katsura (que nous ne connaissons pas encore).

Fushimi-ku :

Le très (trop ?) célèbre sanctuaire aux mille toriis Fushimi Inari, ainsi que le sanctuaire Jōnan-gū, ses cinq jardins et nombreux rituels célébrés tout au long de l’année.

Yamashina-ku :

L’arrondissement de Kyoto où nous n’avons jamais mis les pieds…
Il y aurait pourtant un joli temple zen lié à une grande poétesse de waka de l’époque Heian, Ono no Komachi, le Zuishin-in. Et surtout, de beaux sentiers de randonnée !

Erables illuminés du sanctuaire Kitano Tenmangu

Enfin, pour terminer, je vous donne une petite explication sur le système d’adresse postale au Japon, et en particulier à Kyoto où il est pratiquement impossible de trouver une adresse sans le plan qui l’accompagne. 

En règle général, les japonais écrivent les adresses en commençant par le lieu géographique général (préfecture, ville) pour terminer par le plus spécifique (arrondissement, district) et le nom du destinataire en dernier. Quand nous écrivons les adresses japonaises en rōmaji (autrement dit en utilisant nos caractères latins), nous inversons cet ordre pour arriver à, dans le cas de la ville de Kyoto : 

– Nom du destinataire
– un à trois (voire quatre) chiffres correspondants au numéro du district puis du lot (terrain enregistré au service du cadastre) et enfin de l’habitation. Sur ce point, tout devient très confus car la numérotation des lots n’est pas séquentielle et dépend de la date d’inscription au cadastre, et que dans un même arrondissement il peut y avoir plusieurs districts avec le même nom).
– Quartier suivi de -cho
– Arrondissement suivi de -ku
– Code postal (précédé de 〒 en japonais)
– Ville

Dans la pratique et sur le terrain, les habitants de Kyoto utilisent un système de repérage non-officiel basé sur les intersections proches de l’endroit, en citant en premier le nom de la rue orientée nord-sud séparée d’un tiret avec le nom de la rue orientée ouest-est ainsi que la direction où l’endroit se trouve par rapport à cette intersection. Les établissements commerciaux, quant à eux, ont l’habitude d’imprimer leur carte de visite avec un plan du quartier au dos.

En fait, quand vous devez vous rendre quelque part ou que vous avez rendez-vous, mieux vaut que l’on vienne vous chercher ou que vous ayez un plan détaillé (genre Google Map) de l’endroit sinon vous ne trouverez jamais, ah ! ah !
En conduisant, il faudra entrer le numéro de téléphone de votre destination dans le GPS pour vous faire guider:)
 

Pour connaitre pourquoi et comment a été fondée la ville de Kyoto en 794, je vous invite à lire cet article.

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